Certains faits précis peuvent être établis, soit à partir des témoignages, soit en observant les traces laissées à l'extérieur du Pentagone sur des objets qui ont été touchés par l'avion détruit.

Du fait de la rénovation en cours sur cette partie du Pentagone, certaines annexes et des matériaux étaient disposés à l'extérieur du bâtiment par les sociétés contractantes pour cette rénovation. Des photos, prises du sol ou d'un satellite, sont disponibles pour montrer ce qui était disposé dans la zone d'impact durant les premiers jours de septembre. La photo aérienne ci-dessous, prise en mai 2001, montre ce qui était présent dans la zone d'impact. La flèche violette montre la trajectoire de l'avion écrasé.

Après avoir heurté les lampadaires, l'avion a heurté les structures suivantes :

  • Moteur babord (gauche) : impact près du coin (le plus proche de l'axe d'arrivée) du muret la structure de ventilation.
  • Aile babord (ou moteur ?) : impact sur une structure de couverture de la zone de ventilation, du côté du Pentagone.
  • Moteur tribord (droit) : impact sur la clôture et sur la partie avant du groupe électrogène.
  • Aile tribord (plus exactement une structure metallique qui déborde de l'intrados) : impact sur le dessus du groupe électrogène.
  • Ventre de l'avion : heurte les tourets de cable, ou les frôle seulement de telle sorte qu'ils sont entraînés par le remous d'air.
  • Partie inférieure de l'avion, du côté babord, heurte les abris 1 et 2 et n'en laisse rien de visible.

    L'avion était incliné légèrement sur babord, comme les témoins l'ont décrit. La question s'est posée de savoir pourquoi il n'y avait pas de dégât sur la pelouse. La réponse est simple : la partie la plus basse de l'avion a touché le sol juste après avoir traversé cette pelouse, le point le plus bas (moteur babord) touchant le sol exactement à l'endroit où cette pelouse se termine contre le muret qui entoure la structure de ventilation. La raison pour laquelle il n'y a pas de débris est aussi claire. Etant donnée la vitesse à l'impact, les morceaux d'avion qui n'ont pas pénêtré à l'intérieur du bâtiment par les ouvertures (fenêtres et trous créés par le crash) on rebondi contre la façade vers l'extérieur comme un liquide, dans un secteur délimité approximativement par les deux lignes violettes en pointillés. Comme un site web l'a décrit d'une manière assez ironique, faisant un raccourci des mots pelouse (lawn) et pentagone, la "pentalawn" pouvait acceuillir les golfeurs, mais ces derniers n'auraient pas pu jouer dans la partie de la pelouse située en haut à gauche sur la photo ci-dessus.

    Du côté tribord, le moteur heurte la clôture près du coin, et le groupe électrogène. Un témoin a dit que le moteur "était passé à travers le générateur comme à travers du beurre". Le générateur a été déplacé de côté dans le choc, sa partie frontale détruite. Il a brûlé par la suite.

    Damage on fence and generator Starboard side of 757

    Remarque : des critiques sont visibles sur la toile, comme par exemple sur cette page du site killtown. Je suis d'accord avec ces critiques. Etant donné la distance, le guide des volets responsable de l'entaille sur le sommet du générateur n'est probablement pas celui que j'ai étiquetté "2" sur la photo ci-dessus, mais le suivant en allant vers l'extrémité de l'aile. Je suis désolé mais je n'ai pas de photo d'un 757 prise sous cet angle pour le montrer.

    Sur les images ci-dessus on peut voir que la partie la plus basse du moteur tribord doit être approximativement à un mètre du sol, à la même hauteur au dessus du tarmac que lorsque l'avion repose sur son train d'atterrissage. Le fait que la pelouse est intacte confirme bien que le train d'atterrissage était rentré.

    Le générateur a brûlé plus tard, ainsi qu'on peut s'en rendre compte sur la photo ci-dessous prise quelques minutes après le crash.

    2nd explosion

    Une vue rapprochée avec amélioration du contraste et de la luminosité montre la bosse sur la partie supérieure du générateur, et aussi ce qui ressemble à un impact sur la droite.

    Generator closeup

    Deux vues diffrentes de ce générateur, à gauche vue générale, à droite vue rapprochée, montrent qu'une balafre a été creusée sur le dessus, juste derrière la bosse qu'on peut voir sur la photo ci-dessus. Cette balafre semble devenir plus profonde lorsqu'on se rapproche du bâtiment, ce qui indique que cette partie de l'aile droite était sur une trajectoire descendante. Cette balafre est rectiligne et son angle est cohérent avec la position du générateur avant l'impact, parallèle à la façade du Pentagone. Le choc, aussi bien du moteur que de l'excroissance sous l'aile qui a fait cette balafre, a été très bref : si l'avion volait à 200 m/s, l'ensemble des dégâts sur le générateur a été fait en 30 ms environ. Dans un tel laps de temps, la vitesse initiale communiquée au générateur par l'impact, peu importante car ce dernier a été déplacé seulement de quelques mètres, était bien plus faible que la vitesse de l'avion, ce qui permet de considérer que le générateur est resté dans sa position initiale pendant le choc. L'angle de cette balafre par rapport à l'axe du générateur (~55 degrés) est donc cohérent avec l'axe de vol de l'avion. Cliquer pour rapprocher.

    L'image ci-dessous montre les dégâts fort limités faits par le moteur babord sur le muret de protection de la structure de ventilation (marque à gauche). Sur la partie droite de la photo, la partie de la clôture laissée intacte par le moteur tribord.

    impact zone

    Sur cette photo, on peut voir aussi le point d'impact du nez de l'avion sur la façade (marque jaune centrale) ainsi que le point d'impact du moteur tribord sur la façade (marque jaune à droite).

    Les commentaires et la photo ci-dessous sont extraits (et traduits) du site web de Sarah Roberts :

    Photo aérienne prise le 14/9/2001 montrant une vue dégagée de la structure de ventilation. Elle montre un trou dans le muret au sud, alors que le long mur à l'est manque. Des ouvriers sont au travail pour réparer une section endommagée. Ces observations suggèrent que le moteur a heurté le muret au sud de structure de ventilation et a démoli le mur à l'est : un cheminement cohérent avec la trajectoire de l'avion.

    [Tech. Sgt. Cedric H. Rudisill; Original Source: http://www.freewebs.com/stjarna/www.defenselink.mil/photos/Sep2001/010914-F-8006R-003.html]

    Une des bizarreries de ce crash est l'absence de dégâts sérieux sur cinq des six tourets de câble qui étaient disposés précisément sous le fuselage de l'avion. Il est probable que la partie inférieure du fuselage a frôlé ces tourets et qu'ils ont été poussés vers le bâtiment par le souffle de l'avion qui parcourait les derniers mètres avant de s'écraser. Le sixième a sans doute été touché et a été retrouvé très endommagé près du bâtiment. Un site web, de la même facture que "The pentalawn", a ironisé sur ces tourets indestructibles faits d'un alliage de "Pentanium" : à ne pas prendre trop au sérieux...

    Toutes les traces relevées sur divers items heurtés avant le choc contre la façade du bâtiment témoignent de l'impact d'un avion de ligne à deux moteurs, ainsi qu'on l'a stylisé sur le montage ci-dessous.

    pre impact